Contre la sélection à l’Université

 

Les étudiants ont bloqué la fac des lettres de Besançon pendant deux jours la semaine dernière.

Ils protestent contre la réforme qui introduit de la sélection à l’Université.

Prochaine Assemblée Générale: mardi 27 février.

Retour sur l’élection de Belfort… et au-delà

Evelyne TERNANT, Secrétaire régionale PCF de Franche-Comté
Les enseignements principaux des deux législatives partielles de janvier 2018 sont connus: un nouveau cran franchi dans l’abstention, le tassement pour les candidats LREM, pris à l’épreuve du pouvoir,  l’extrême droite affaiblie par ses divisions, la gauche globalement à des niveaux historiquement bas, avec moins de 20% des suffrages exprimés et une élimination du second tour, au total la droite LR qui ramasse la mise, non pas sur son attractivité propre, mais grâce à ce champ de ruine.

Des péripéties de l’élection belfortaine peuvent être tirés certains enseignements. Les militants de France Insoumise ont pris l’initiative de proposer au MRC, qui conserve une implantation locale sur ce territoire, et au PCF, de soutenir leurs candidats. L’objectif des uns et des autres était d’expérimenter un rapprochement en vue de construire, après cette élection, un rassemblement d’opposition à la politique municipale menée par le maire LR Damien Meslot.

Après avoir été dirigée par la gauche pendant plusieurs décennies, essentiellement sous leadership du MRC, Belfort est aujourd’hui sous la férule d’une droite dure, qui détruit avec méthode le socle social et culturel qui a fait de Belfort une ville attentive à la petite enfance, aux loisirs des jeunes, à la culture et à l’éducation populaire. C’est à l’épreuve de cette expérience municipale que s’est forgée l’envie d’un «faire ensemble».

Dès le lendemain du premier tour, Jean-Luc Mélenchon s’est appliqué à tuer dans l’œuf ces tentatives de rapprochement. Il a prétendu que le résultat de la candidate FI du Val d’Oise, partie sans soutien, était un succès à 11, 46%, et celle du territoire de Belfort, à 11, 6 % un échec : la première, qui réunit 2,2% des inscrits et perd 52% de ses suffrages par rapport à juin 2017, aurait bénéficié de «l’effet entraînant»…«du chacun pour soi» …«sans tambouille» tandis que pour la seconde, qui réunit 3,2% des suffrages et limite sa perte de voix à 45%, «la gauche rassemblée» aurait été «un étouffoir» et aurait «fonctionné comme un rayon paralysant, gelant en partie les votes dégagistes que nous devions mobiliser ».

Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon surviennent de façon concomitante avec le dévoilement de discussions en cours avec Benoît Hamon sur l’Europe, en vue de solder «des points de désaccord de fond», et de possibles alliances avec le PS en cas de victoire d’Emmanuel Maurel, d’après notamment un entretien accordé au JDD par le député insoumis Adrien Quatennens.

Adrien Quatennens ajoute qu’il s’agit d’ «arrêter de revendiquer sans arrêt les codes de la gauche radicale…,de rompre  avec les fonds de scène rouge, [pour ]une seule trajectoire l’intérêt général.» Un énoncé à mettre en relation avec les trois chantiers prioritaires de FI: l’évasion fiscale, la pauvreté, et la sortie du nucléaire, qui ne mettent pas en cause directement la logique du capital.

En rassemblant ainsi les morceaux du puzzle, on voit émerger une stratégie cohérente de restauration de la maison social-démocrate, dont le socle idéologique, en dépit d’un ripolinage de façade, en reprend les piliers traditionnels : une correction des inégalités de répartition des revenus par l’impôt, une vision étatiste de l’intervention économique, de type keynésien. «Les fonds de scène rouge » que sont la reprise du pouvoir sur les banques et la finance, la conquête de droits nouveaux des salariés pour faire échec à la logique du profit, ou l’émancipation du marché du travail par une Sécurité Emploi-Formation, s’effacent.

Alors que de toutes parts, des luttes de classes surgissent, des luttes sur le droit à  la santé, le droit à l’entrée à l’Université, la défense du service public de transport, des luttes en entreprise contre les délocalisations, fermetures, et désindustrialisation, ou pour l’augmentation des salaires, plus que jamais, en appui de ce mouvement de résistance multiforme, le PCF doit porter haut et fort sa visée communiste de dépassement du capitalisme.

 

SolMiRé: Les militants ne doivent pas être condamnés, les migrants doivent être hébergés

Communiqué des élus du groupe PCF-Front de gauche de Besançon :

Aujourd’hui les militants du collectif passeront pour la 3e fois devant le tribunal avant une probable expulsion du local occupé rue d’Arène. Ce collectif, qui s’est constitué dans le but de venir en aide aux migrants à la rue, a permis de mettre en lumière les dysfonctionnements dans les dispositifs d’accueil des personnes ayant l’intention de déposer une demande d’asile.

Les élus communistes, en lien à la fois avec le collectif et l’équipe municipale sont intervenus régulièrement dans le but d’améliorer les conditions d’accueil de ses ces personnes. 

Aujourd’hui les conditions d’accueils du PRHADA (Ancien Formule 1 École-Valentin) dénoncées par le collectif ont étés améliorées avec l’installation de plusieurs cuisines, les délais d’attente pour l’obtention d’un rendez vous en préfecture auparavant de 50 jours en moyenne ont été divisé par deux.

Pour ce qui est de l’accueil de jour, la Boutique Jeanne-Antide est prête a à augmenter sa capacité pour l’accueil de jours si cela s’avérerait nécessaire.

Malgré les quelques avancées des interrogations subsistent:

•que deviennent les personnes ne correspondants pas aux conditions définies par la préfecture pour accéder à l’accueil de jour assuré par la boutique Jeanne-Antide?

•que deviennent  les personnes qui ont été hébergées la semaine dernière dans le cadre du plan grand froid et qui sont aujourd’hui de nouveau à la rue?

En Juillet 2017  E. Macron annonçait « D’ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans la rue, dans les bois ». Pourtant nous constatons aujourd’hui que les budgets alloués par l’état à l’hébergement d’urgence sont insuffisants au regard des besoins et particulièrement dans notre département.

C’est pourquoi les élus communistes demandent:

  • Une réactivation d’urgence du plan grand froid
  • Une augmentation du nombre de place d’hébergement d’urgence afin de répondre aux besoins
  • L’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence et de l’accueil de jour ( particulièrement pour les familles à la Boutique Jeanne-Antide car c’est déjà le cas pour les adultes isolés)
  • la poursuite de la réduction du délai d’attente pour un rendez vous en préfecture afin d’atteindre le délai de 3 jours à 10 jours maximum prévu par la loi
  • que le collectif puisse continuer à disposer du local tant que nous n’aurons pas l’assurance que les personnes auxquelles ils viennent en aides ne sont pas prises en charge
  • que toutes les charges retenues contre les militants du collectifs soient abandonnées

Étant attachés aux traditions de solidarité de notre ville, nous resterons vigilants pour garantir un accueil digne de à ces personnes.

Les élu(e)s communistes de Besançon

Témoignage d’Annie Bouvier aux états généraux du progrès social sur le problème des copropriétés dégradées

Le problème national des copropriétés dégradées

Quand on évoque le logement, il y a une question qui est souvent oubliée, et qui pourtant est en train de devenir un problème national. C’est celui des copropriétés dégradées.

Ce sont 15 % des copropriétés en France, soit environ 1 million de logements, qui sont concernées. Les signes de fragilité, c’est une vétusté des immeubles et  la paupérisation de ses occupants, frappés par le chômage, les bas salaires, les retraites en dessous du seuil de pauvreté et le poids des emprunts. Ces difficultés se traduisent le plus souvent par une incapacité de la copropriété à payer les factures qui lui incombent pour l’entretien ou la rénovation de l’immeuble qui se traduisent en charges pour les copropriétaires et, plus grave, par une incapacité à maintenir l’immeuble en bon état.

Une fois engagées dans cette spirale négative, les conditions de vie dans la copropriété deviennent vite très difficiles : parties communes mal entretenues créant un danger pour les occupants (électricité, ascenseurs, caves , boîtes aux lettres, etc..)

C’est alors que les marchands du sommeil s’y installent . Ils accumulent des appartements achetés à bas prix, et rentabilisent leur investissement grâce aux aides au logement de leurs locataires qu’ils perçoivent parfois directement des organismes. Ils ne font aucun travaux  dans leurs appartements, et bloquent la rénovation des communs. L’immeuble se dévalorise.

Les copropriétaires résidents, souvent de modestes retraités, sont ainsi pris au piège d’une propriété qui perd de sa valeur avec de lourdes factures de réparation liées aux dégradations.

Les propriétaires les plus solvables quittent alors la copropriété et c’est la spirale de la dégradation, l’alourdissement de la facture pour rénover, et  l’incapacité financière d’y faire face pour  les copropriétaires résidents.

Mon vécu personnel 

Je vis moi même dans une copropriété de ce type, à Besançon, qui date des années 60. Certains appartements n’ont bénéficié d’aucune rénovation depuis la construction de la copropriété dans les années 60. Il en est de même pour les extérieurs.

Certains locataires habitent des appartements vétustes (cartons tenant lieu d’isolation, scotch utilisé pour parer à des fenêtres cassées).

Il y a eu une famille composée d’environ 10 personnes, les enfants dormant à terre dans un logement infecté de blattes.

Certains habitants ont pris l’initiative de se grouper pour nettoyer les caves effectuer quelques petits aménagements. Mais pour véritablement sauver la copropriété, la bonne volonté individuelle ne suffit pas . Il faut une  intervention collective, d’autant plus qu’en 2018, la rénovation thermique deviendra obligatoire : la plupart des propriétaires ne pourront pas payer les factures, moi la première, avec ma retraite de 1000 euros par mois, due à une carrière écourtée pour garder mes enfants.

Quelles solutions ?

Même si c’est compliqué et coûteux pour les autorités publiques, il est inévitable  qu’elles interviennent dans ce type de dossier ,car bien que la gestion d’une copropriété relève de la sphère privée, une dégradation forte de ces immeubles génère des problèmes de sécurité et de salubrité majeurs.

Certes, la loi Alur de 2014 a mis en place un nouvel outil : l’opération d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées. Mais il concerne jusqu’à présent quelques grosses concentrations de copropriétés dégradées comme à Grigny, Clichy sous Bois. Ce sont des opérations très lourdes qui mettent en jeu de nombreux opérateurs et s’inscrivent dans une opération de remodelage et de requalification du quartier.

Ce qu’il manque, ce sont des dispositifs d’aide plus limités, plus ponctuels pour tirer d’affaire des copropriétés en cours de dégradation. Certes, la loi Alur donne  au maire le pouvoir d’intervenir et de mettre sous tutelle ces copropriétés, pour y réaliser les travaux nécessaires, obliger les marchands de sommeil à vendre certains appartements pour financer les travaux, ou permettre aux bailleurs sociaux d’acheter certains logements et contribuer à l’entretien. Mais l’expérience montre qu’ils n’est pas très facile d’entraîner les maires dans ces dispositifs, sans doute encore trop lourds juridiquement. Il faudrait aussi pouvoir imaginer des aides au cas par cas pour les copropriétaires résidents qui n’ont pas les moyens de payer la rénovation.

Ce que nous faisons à Besançon

Les élus communistes et la section du PCF de Besançon ont organisé plusieurs réunions avec le conseil syndical de la copropriété, avant d’organiser une rencontre avec le vice-président de l’agglomération. Il s’agit d’étudier avec lui les conditions d’éligibilité de la copropriété en « copropriété fragile ». Mais le risque est qu’on nous oppose toujours une autre copropriété, considérée comme plus fragile encore…

Nous allons poursuivre le travail de conviction et d’incitation à agir en direction de  la communauté d’agglomération de Besançon, en lien avec les résidents de ma copropriété, mais il y a vraiment nécessité de repenser à un dispositif plus adapté à une échelle nationale, pour ne pas laisser le traitement de la question au seul bon vouloir et à la seule charge des élus locaux.

Conclusion

J’aimerais que l’on se préoccupe davantage de ce problème des copropriétés dégradées, ce qui veut dire aussi que l’on sort d’un cliché sur l’opposition systématique entre locataires et propriétaires, les seconds étant considérés comme riches et sans problèmes. Il y a beaucoup de petits propriétaires, qui ont mis leurs économies dans l’achat d’un logement, en voulant éviter le payement d’un loyer pendant leur retraite, se sont fait étrangler par le coût de leurs emprunts, et la baisse du niveau des retraites. Ne les oublions pas.

Communiqué de Bastien Faudot (MRC) soutien d’Anaïs Beltran (Fi) à Belfort

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Dans  ses commentaires sur  les résultats des législatives partielles du Territoire de Belfort et ceux du Val d’Oise  Jean-Luc Mélenchon écrit que ses résultats seraient meilleurs dans le Val d’Oise qu’à Belfort. Il en déduit que la stratégie de rassemblement est une impasse. Mais il commet pour arriver à ce diagnostic une fâcheuse erreur de méthode. Il mélange des  données brutes, des pourcentages et  des taux de participation très différents . 
En réalité, le résultat de la candidate de la France Insoumise dans le Territoire de Belfort est bien meilleur que celui obtenu par la FI dans le Val d’Oise : la  stratégie d’union a permis de réunir 3,3% des inscrits contre 2,2% dans le Val d’Oise où la candidate insoumise n’était pas soutenue par des partenaires. Soit 50% de plus.

De fait, c’est l’extra – ordinaire mobilisation des électeurs du candidat LR (au sens étymologique, il faut comprendre anormale) qui explique de tels résultats. 96% de l’électorat de Ian Boucard en juin dernier est revenu voté alors que dans le Val d’Oise ce sont moins de 55 % des électeurs Les Républicains qui l’ont fait .  Cette étrangeté mériterait sans doute d’être analysée de façon plus approfondie… 
La réaction de JL Mélenchon est une étrange façon de remercier les citoyens, militants et élus qui ont soutenu Anaïs Beltran dans la campagne courageuse qu’elle a menée, sans tambouille aucune. Je suis fier d’avoir soutenu Anaïs. Je serai rassembleur pour deux s’il le faut car c’est la seule voie pour les forces de progrès de construire les majorités de transformation qui pourront l’emporter demain.

Enseignements des législatives partielles de janvier 2018

Il faut compter juste camarade Mélenchon !

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Suite aux législatives partielles du Territoire de Belfort et du Val d’Oise, Mélenchon analyse : « À Belfort, la tonalité ‘gauche rassemblée’ était revendiquée par le MRC qui nous soutenait sur ce thème. Il a fonctionné comme un rayon paralysant, gelant en partie les votes dégagistes que nous devions mobiliser. […] Dans le Val d’Oise, c’est le contraire, chacun allait pour soi, pas de tambouille : ce fut un facteur entraînant »

L’analyse de Mélenchon ne s’appuie pas sur les chiffres mais cherche à justifier une stratégie malgré les chiffres.

Abstention

Résultats en % des exprimés

Résultats en % des inscrits

Nombre de voix en juin 2017

Nombre de voix en janvier 2018

Évolution du nombre de voix

% des voix de juin 2017 retrouvées en janvier 2018

Fi Belfort avec MRC et PCF

71 %

11,6 %

3,2 %

2821

1568

-1253

55 %

Fi Val d’Oise

80 %

11,47 %

2,2 %

3895

1867

-2028

48 %

1/ Il n’y a pas de « facteur entraînant » dans le Val d’Oise. Il y a 80 % d’abstention et la stratégie du cavalier, censée la diminuer, ne l’a pas réduite.

2/ Quel que soit le critère retenu, le résultat à Belfort avec une alliance est supérieur à celui de Fi seule, même si c’est de peu. Par ailleurs, à la différence du Val d’Oise, le candidat LR de Belfort a fortement mobilisé son électorat. Il a retrouvé 96% des voix de juin, d’où son score à 39% qui fait baisser mécaniquement les pourcentages de tous les autres candidats. A supposer qu’il ait fait face au même phénomène d’abstention que son collègue du Val d’Oise (55% des voix de juin) la candidate Fi aurait été à 15%.

4/ 3ème devant le FN ? Certes. Mais il y a un « mais ». A Belfort, 2 candidats d’extrême droite (FN et Patriotes) et dans le Val d’Oise, 3 (FN, Patriotes, Parti de la France). Contre 1 à chaque fois en juin 2017. Il y a une recomposition à l’extrême droite qui entrave ce camp pour le moment.

4/ L’unité sans contenu politique ne suffit pas, évidemment. Mais, le dégagisme n’a pas fonctionné (sans doute parce que le dégagiste en chef est actuellement président).

5/ Il faut un rassemblement sur un contenu politique fort. Pas un programme de 100 pages, réservé aux plus militants, mais 2 ou 3 propositions de ruptures avec l’ordre économique actuel popularisées sur la durée.

6/ Faute d’alternative crédible (la Fi n’a pas été cette alternative), les seconds tours opposent LREM et LR. La victoire de ces 2 formations est écrasante au premier tour. Le vrai problème est que la gauche est partout en dessous de 20 %. Elle n’a jamais été aussi faible de son histoire.

Il est temps d’en finir avec les divisions et les vexations inutiles

qui nous éloignent d’une perspective majoritaire