Tramway et bus : plus chers pour un service réduit ?

L’arrivée du tramway dans notre agglomération du grand Besançon en 2014 a provoqué des évolutions profondes de notre réseau de transport en commun. Même si l’investissement de 260 millions d’euros a été maîtrisé, il persiste toutefois un problème de fonctionnement puisque le déficit de l’exploitation du réseau Ginko est passé de 1 à 6 millions d’euros depuis l’arrivée du Tramway. La délégation de service public détenue par Transdev arrivant à son échéance en fin d’année, l’agglomération a lancé un nouvel appel d’offre. C’est l’entreprise Kéolis qui a été retenue pour exploiter le réseau de transports en commun du Grand Besançon (CAGB). Pour compenser le déficit, la CAGB va remettre 2 millions d’euros dans la cagnotte. Kéolis de son côté se base sur une augmentation des tarifs à partir de 2019 et une concentration des services sur quelques lignes « structurantes » au détriment des « petites » lignes. Ces mesures d’économies pour absorber le déficit de 6 millions d’euros risque également d’avoir des conséquences sur l’emploi puisque dans son offre, Kéolis évoque clairement la possibilité d’un plan de licenciement.

Un autre choix est possible : la proposition des élu-e-s communistes
Ce nouveau contrat va renforcer le déséquilibre existant entre les « grandes lignes rentables » (lignes 1 et 2 du tramway et lignes 3 à 6 des bus) et les autres lignes de bus. La logique de rentabilité prime sur la logique de service public. Nous ne pouvons accepter une baisse du service au public, encore moins lorsqu’elle s’accompagne d’une hausse des tarifs. Au Conseil de l’Agglomération du Grand Besançon, le groupe communiste a voté contre. Il a proposé que le réseau soit repris en régie, donc directement géré par la collectivité sans l’intermédiaire d’opérateur privé. Une gestion publique (régie) coûte en moyenne 30% de moins qu’une gestion privée (Kéolis).

Le point de vue de Florian Cholley, syndicaliste
« Keolis a donc remporté l’appel d’offre pour exploiter le réseau Ginko. Ils ne proposent pas mieux mais moins cher ! Loin de se soucier de la qualité du service offert, la CAGB a privilégié le moins disant en terme de coûts. La différence s’est faite sur les prévisions de fréquentation donc de recettes. La CGT n’acceptera pas que nous payions les pots cassés comme cela a été le cas lors du dernier contrat (salaires et conditions de travail en berne, diminution du nombre de kilomètres, service aux usagers catastrophique). Nous souhaitions que le réseau passe en régie et non qu’une multinationale en remplace une autre ! »