SNCF : Le contraire de ce qu’il faut faire – Point de vue d’Aline VERRIER Cheminote et syndicaliste

L’ouverture à la concurrence des chemins de fer à partir de 2019 va renforcer les objectifs de rentabilité. Au nom du profit, c’est le service au public qui va reculer !
Des privatisations à marche forcée Les assises de la mobilité lancées le 19 septembre doivent déboucher sur un projet de loi d’orientation des mobilités début 2018 devant tracer les contours des transports en France pour les 5 à 10 prochaines années. Elle remplacera la loi LOTI de 1982, qui affirme un droit au transport devant permettre de se déplacer « dans des conditions raisonnables d’accès, de qualité et de prix ». Malgré cette loi, les évolutions depuis 1982 sont loin d’avoir été positives : 1993, libéralisation du transport aérien en Europe ; 2006 ouvertures à la concurrence du Fret Ferroviaire ; 2015, libéralisation du transport régulier interurbain de voyageurs par autocar avec la Loi Macron ; aujourd’hui, renégociations des conventions TER, signées entre la SNCF et les Régions, Autorités Organisatrices des Transports (AOT), pour arriver en 2023, à l’ouverture à la concurrence des trains régionaux. Les faits sont là, la proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs rappelle que l’ensemble des textes européens impose l’ouverture à la concurrence des services conventionnés. Dès le 3 décembre 2019, ce sont les TER et les TET (Train d’Equilibre du Territoire) qui seront concernés. Dans ce contexte il faut rester vigilant car les assises de la mobilité lancées Par E. Macron ne doivent pas aboutir à une loi consacrant la libéralisation du transport voyageur. Après la casse du Fret ferroviaire, le constat est édifiant : fermeture de triages et de gares, effectifs divisés par 2 entre 2009 et 2016, abandon du wagon isolé en 2010 et une dette qui ne cesse de croître. De plus, dans ce cadre de l’ouverture à la concurrence, la direction de la SNCF a privilégié le développement des filiales de logistique, de messagerie et de transport routier avec Geodis sans oublier sa filiale ferroviaire VFLI. C’est une véritable casse du service public !

La mise en concurrence met en danger le service public

La rentabilité, c’est le maître mot de la mise en concurrence aux dépends du service public et des usagers !

  • mise en concurrence de nombreuses lignes de la région, telles que Dijon/Nevers, Dole/St-Claude, Avallon/Auxerre, Étang-sur-Arroux/Autun… ; entretien du matériel roulant mis à disposition des entreprises remportant l’appel d’offre ;
  • remise en cause de la présence de cheminot-e-s dans les gares, dans les trains et sur les quais ;
  • suppression des contrôleurs, qui assurent pourtant la sécurité et la sûreté à bord des trains ;
  • suppression progressive des agents donnant le départ des trains dans les gares, ce qui signifie absence d’agents sur les quais et dans les gares pour orienter, renseigner ou accompagner les voyageurs ;
  • diminution du temps d’ouverture au public des guichets SNCF, et fermetures de guichets ;
  • fermetures de gare, donc pas de vente de billets, pas d’agents assurant la sécurité de la gare et des voyageurs, comme les gares de St-Vit et Baume les Dames ; des arrêts en gare sont supprimés : sur la ligne Besançon/Dijon, dès le 10 décembre pour Franois, Villers les Pots et Neuilly les Dijon.

Des territoires entiers laissés pour compte

Rien n’est envisagé pour les secteurs ruraux hormis le co-voiturage et l’auto portage. Ces « solutions » proposées par les régions reposent sur le routier, sur des transports individuels et non collectifs. Les orientations adoptées ne répondent pas aux besoins d’ accessibilité aux transports collectifs, d’aménagement du territoire, de développement industriel, d’environnement… Nous sommes loin du maintien et du développement des services publics et des emplois de proximité, d’une qualité de l’environnement, alors que se déroule la COP 23 à Bonn où il est avéré que les émissions de CO2 dues à l’activité humaine vont augmenter de 2% en 2017.

Aline VERRIER Cheminote et syndicaliste