Siemens+Alstom=Siemens

Communiqué de le Fédération du Doubs, du Territoire de Belfort et du Comité régional de Franche-Comté du PCF

Contrairement à la communication du gouvernement, la prochaine fusion  Siemens-Alstom n’est pas une alliance entre égaux. C’est Siemens qui sera aux commandes car il est majoritaire au capital, majoritaire au conseil d’administration et pèse 10 fois plus que sa filiale ferroviaire qui fusionne avec Alstom.

Contrairement à ce qui est dit, l’équilibre des sites et de l’emploi n’est nullement garanti : il n’y a aucun engagement au delà de 4 ans, et on ne voit pas en quoi la présence de trois « experts » français dits «  indépendants » avec droit de veto  pourrait garantir la pérennité des sites français.

Des décennies de savoir-faire accumulé, des sites vitaux pour l’équilibre économique de leur territoire d’implantation,  comme Alstom-Belfort et Alstom-Ornans, un secteur essentiel au développement de  la transition écologique, vivant des commandes publiques, tout cela est  livré de façon irresponsable au bon vouloir d’un centre de décision étranger.

Ce qui s’est passé avec la vente d’Alstom -énergie  à l’américain GE est là pour montrer à quel point  les soi-disant garanties d’équilibre peuvent s’évanouir.  Les 1000 emplois annoncés, dont se réjouissaient bruyamment les  élus locaux franc-comtois, se sont transformés en 1000 emplois perdus. Les députés et les maires LREM et LR qui   soutiennent la mise sous contrôle de Siemens feraient bien de s’en souvenir.

Si les ventes et fusions mettent à mal les capacités industrielles et l’emploi, elles sont une bonne affaire pour les  actionnaires. Bouygues ne démentira pas qui, avec les dividendes accumulés et la vente de ses actions en 2018 , s’apprête à encaisser  plus de 5,8 milliards d’euros en 12 ans !

Nous appelons donc à la mobilisation des salariés et de la population pour que  :

⁃l‘état reprenne la main dans le capital et le CA en achetant à un prix raisonnable les 28,3 % d’ actions de Bouygues, comme cela avait été annoncé par le précédent  gouvernement. La parole publique ne saurait être à ce point discréditée.

⁃Les collectivités locales et la SNCF se préoccupent davantage des retombées sur les territoires de leurs commandes ferroviaires.

⁃les syndicalistes, les élus locaux et les  représentants des groupes parlementaires soient partie prenante du futur comité de suivi .

⁃une commission parlementaire soit créée pour enquêter sur les conditions douteuses des deux dernières opérations de fusion et donner des perspectives de développement industriel aux secteurs énergétique et ferroviaire.

Evelyne TERNANT, José ARDURA, Thibaut BIZE