L’Assemblée valide les ordonnances de destruction du droit du travail

Seule l’opposition de gauche (PS, PCF, FI) a voté contre le texte adopté hier par une très large majorité réunissant toute la droite autour des députés LREM

L'Assemblée nationale valide les ordonnances

Sur le strict plan de l’arithmétique parlementaire, c’est un raz-de-marée pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Par 463 voix contre 74 et 40 abstentions, l’Assemblée nationale a très largement ratifié hier les ordonnances réformant le Code du travail. Sur le plan du véritable rapport de forces politique et social dans le pays, c’est une autre affaire. C’est ce qu’a rappelé l’opposition de gauche, seule à voter contre le texte (PS, PCF, FI), à une majorité formant un bloc idéologique compact qui a réuni toutes les nuances de la droite autour des députés LREM (la plupart des « Républicains », leurs anciens collègues « Constructifs », l’UDI et le Modem).

Les communistes et la France insoumise ont insisté sur un vote qui ne signe pas la fin de l’histoire sociale. « Prenez ça comme une promesse, ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire », a lancé le député PCF Sébastien Jumel, inscrivant l’« opposition résolue » de son groupe « dans cette temporalité-là », tandis que son collègue de la FI Loïc Prud’homme annonçait une position semblable « en attendant de pouvoir abroger ces lois ». « Il n’y a pas de fatalité à ce que le XXIe siècle vote des lois dont le XXe siècle n’a pas voulu », a de son côté déclaré Boris Vallaud (PS), égrenant les « rendezvous manqués » du gouvernement avec le progrès social. Sur le fond, le texte adopté hier a été à peine retouché par l’adoption d’une trentaine d’amendements en séance, dont deux émanant du PS et un du PCF. Les socialistes ont fait rétablir le droit d’alerte des élus du personnel dans les entreprises de 11 à 49 salariés en cas d’atteinte aux droits des personnes. Quant aux communistes, avec leurs collègues du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), ils ont fait adopter, pour les salariés licenciés à la fin d’un contrat de chantier, le droit à une « priorité de réembauche en CDI de droit commun » sur les postes disponibles dans l’entreprise. Le Sénat doit encore se prononcer en janvier pour que la ratification des ordonnances soit définitive.

Sébastien Crépel
L’Humanité