Ça existe ! Le mal logement en copropriété

Avec une vue agréable sur la ville et la verdure environnante, la copropriété des Aravis située en haut de la rue de Chalezeule s’est dégradée au fil des années.
Construite dans les années 60, elle compte 90 logements, mais il ne reste que 34 propriétaires occupants. Les autres sont partis ailleurs et louent le logement à des particuliers ou l’ont vendu à bas prix parfois à des marchands de sommeil. Actuellement, 6 appartements sont à vendre… Petit à petit, la copropriété s’est appauvrie.

Dans son dernier numéro, le Fil Rouge avait consacré un article à cette copropriété fragilisée. Les communistes qui l’habitent ont décidé de prendre les choses en main.

Comment est-ce possible ?

Frappés par la crise (chômage, bas salaires), beaucoup de petits propriétaires n’ont pas eu les moyens d’entretenir leur logement. Au fil des années, la valeur des logements s’est dépréciée. Ils deviennent difficilement vendables sauf à des marchands de sommeil qui achètent à bas prix, perçoivent les aides au logement de leurs locataires et ne font pas les travaux nécessaires. Les copropriétaires résidents, souvent de modestes retraités, sont ainsi pris au piège d’une propriété qui perd de sa valeur avec de lourdes factures de réparation liées aux dégradations. Certains appartements n’ont bénéficié d’aucune rénovation depuis la construction dans les années 60. Il en est de même pour les extérieurs. Certains locataires habitent des appartements vétustes (cartons tenant lieu d’isolation, scotch utilisé pour parer à des fenêtres cassées). Il y a eu une famille composée d’environ 10 personnes, les enfants dormant à terre dans un logement infesté de blattes. Par contre, un propriétaire avec l’aide d’organisme, tel Soliha, a totalement modernisé, isolé des appartements devenus des logements agréables à prix modique. Cela montre que la dégradation n’est pas inéluctable. À noter aussi que certains habitants ont pris l’initiative de se grouper pour nettoyer les caves et effectuer quelques petits aménagements. Mais pour véritablement sauver la copropriété, la bonne volonté individuelle ne suffit pas. Il faut aussi une intervention collective.

En 2018, une expertise thermique deviendra obligatoire Les petits propriétaires seront-ils obligésd’entreprendre les travaux d’isolation ?

La plupart ont de petits revenus, celui de certains retraités se situant au-dessous du seuil de pauvreté. Même avec les aides publiques, certains ne pourront pas régler la part leur incombant. Le gouvernement parle d’augmenter la taxe foncière de ceux qui n’auront pas les moyens d’entreprendre ces travaux.

Quelles solutions ?

À la demande de certains propriétaires, Monsieur Stepourjine , vice-président de la CAGB en charge de l’habitat et de l’Office Public de l’Habitat est venu visiter les Aravis le 6 novembre dernier. Il se propose d’étudier le problème, notamment afin de voir si la copropriété serait éligible au titre de « copropriété fragile », ce qui permettrait d’obtenir des financements.

La fragilité est mesurée à partir d’un pourcentage de copropriétaires incapables de payer les charges ou par l’incapacité de faire face aux travaux de rénovation nécessaires. Dans ces cas là, la loi Alur (votée en 2014) donne au maire le pouvoir d’intervenir et de mettre sous tutelle ces copropriétés, pour y réaliser les travaux nécessaires, d’obliger les marchands de sommeil à vendre certains appartements pour financer les travaux, ou permettre aux bailleurs sociaux d’acheter certains logements et contribuer à l’entretien. Les collectivités locales ont la responsabilité de se préoccuper de ces problèmes, ainsi que l’État, qui doit dégager des financement spécifiques, car le problème est national : il y a environ 15% des copropriétés en difficulté aujourd’hui, soit 1 million de logements !

En se groupant et en agissant, les habitants des Aravis peuvent faire bouger les choses sur Besançon. Les militants communistes qui habitent ces immeubles ne laisseront pas tomber. Les élu-e-s communistes, en lien avec ce qui se passe ailleurs, appuieront ces démarches.