AG de la section PCF de Besançon et réflexions et perspectives après le résultat du Front de Gauche aux Européennes.

La section de Besançon a tenu son Assemblée générale le vendredi 6 juin avec plus de 50 participants. Ci-dessous, vous trouverez une contribution qui fait part de notre réflexion concernant l’avenir du Front de Gauche après les séquences électorales que nous venons de vivre.

A l’issue de l’AG, un repas convivial a réuni plus de 95 personnes, adhérents du PCF et partenaires du Front de Gauche.

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Quelques réflexions et perspectives après le résultat du Front de Gauche aux Européennes

Les résultats du Front de Gauche aux élections européennes sont médiocres à peu près partout, quelle que soit la tête de liste (PCF, PG, Ensemble). En comparant ces résultats à ceux de 2009 et à ceux des législatives de 2012, on constate une grande homogénéité dans leur évolution. L’homogénéité du vote montre que les enjeux nationaux et européens ont été déterminants, quelque soit la situation locale issue des municipales.

Le PS s’effondre, mais nous ne captons pas ses électeurs déçus par la politique gouvernementale. L’extrême gauche disparaît pratiquement du paysage (6,1% en  2009, 1,6% en 2014) et nous ne profitons pas de son effondrement. Nouvelle Donne recueille 3% des suffrages pour la plupart des électeurs déçus du PS dont on aurait pu penser qu’ils allaient se porter sur le Front de Gauche. Dans ce contexte, les résultats bisontins des européennes sont un peu meilleurs que les résultats nationaux : 8,38% en 2014 contre 5,61% en 2009, à relativiser pourtant si on tient compte du résultat de l’extrême gauche, qui avec  7,4% en 2009, était plus important qu’au niveau national. Cette stagnation du Front de Gauche ne commence pas avec les européennes. Elle ne commence pas non plus avec les municipales. Ces dernières, quelle que soit la configuration, ne furent pas un succès, même si nous avons mieux résisté que le reste de la gauche. En fait, nous stagnons depuis les présidentielles comme l’ont montrées d’abord les législatives de 2012, puis toutes les élections partielles qui se sont déroulées entre la présidentielle de 2012 et les municipales de 2014 (voir Annexe).

1)     Une réflexion de fond doit être menée sur cette incapacité à nous élargir, ou même à retrouver le score le plus élevé que nous n’ayons jamais obtenu, celui de JL Mélenchon à la présidentielle. C’est pour nous un paradoxe de constater que notre meilleur score est celui de la présidentielle alors que nous dénonçons le présidentialisme. Pour beaucoup de citoyens, le Front de Gauche est personnifié par J L Mélenchon qui apparaît de fait depuis la présidentielle comme son unique vrai leader. Cette personnalisation est dangereuse. On a vu ce qu’il en est advenu à LO et au NPA. Les meilleurs scores de ces deux formations furent eux aussi ceux des présidentielles, 5,72 % pour Laguiller, 4,04 % pour Besancenot, et quand les deux leaders se sont mis en retrait, LO et le NPA ont nettement reculé. D’autre part, une personnalité est soumise aux aléas de la pression médiatique : elle connaît des hauts et des bas. Un électorat construit autour d’une personnalité quel que soit sa valeur est par essence fragile et volatile. De plus, cette personnalisation brouille notre message sur nos propositions concernant une 6ème république, qui au contraire invitent à sortir du présidentialisme à tous les niveaux.

2)     Nous devons réfléchir aussi au fonctionnement interne et aux relations entre les organisations politiques. Il faut donner à voir le caractère pluriel du Front de Gauche. Il faut réfléchir au niveau local à des règles de fonctionnement permettant l’action commune sans nier la souveraineté des organisations. Le Front de Gauche est pluraliste, et personne ne l’incarne à lui tout seul.

3)     Nous pensons que le vrai défi pour le Front de Gauche réside dans son implantation locale et dans les lieux de travail, dans la construction de liens solides avec les citoyens, autrement dit, dans le travail de terrain. Sans cet ancrage, il n’y aura pas de victoire électorale.

4)      Enfin, nous constatons que les Verts se détachent progressivement du PS, que le PS lui-même est de plus en plus divisé. Comment jeter des ponts en direction de ceux qui dans ces partis, mais aussi au-delà, dans la gauche socialiste et écologiste,  remettent en cause les politiques d’austérité et peuvent se rassembler largement ? Leur proposer un simple ralliement n’a aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit, surtout après notre score aux Européennes. Quelles initiatives locales et nationales pourrions-nous mettre en œuvre avec ces partenaires potentiels, en respectant leur spécificité et leur identité ?

5)      Il est important que nous fassions ce travail de réflexion en commun. La diversité peut être une richesse à condition que chacun s’inscrive dans une démarche d’ouverture et d’écoute. Nous n’allons évidemment pas tout régler en 8 jours. Réfléchissons à une démarche Front de Gauche, inscrite dans la durée, que le PCF souhaite ancrée dans les comités qui rassemblent les militants engagés dans les partis et les citoyens non encartés, comités qui doivent devenir des lieux de réflexion, d’élaboration politique et d’action ; prenons des initiatives en liaison avec les comités, et tirons en des enseignements pour aller plus loin.

Annexe :

Résultats des législatives de 2012 pour le Front de Gauche au niveau national : 6.91 %

Résultats des législatives partielles pour le Front de Gauche depuis 2012.

Décembre 2012 Val de Marne, 1ère circonscription 8.79 %
Décembre 2012 Hérault, 6ème circonscription 4.48 %
Décembre 2012 Haut de Seine, 13ème circonscription 6.93 %
Mars 2013 Oise, 2ème circonscription 6.64 %
Juin 2013 Français hors de France, 1ère circonscription 4.15 %
Juin 2013 Français hors de France, 8ème circonscription 7.11 %
Juin 2013 Lot-et-Garonne, 3ème circonscription 5.08 %